« Anatomie d’un suicide » sur France Inter - Nanterre-Amandiers

« Anatomie d’un suicide » sur France Inter

Le directeur du théâtre des Amandiers à Nanterre Christophe Rauck se penche sur le texte de l’autrice britannique Alice Birch. Une variation exigeante sur l’héritage familial, ou comment rompre le cycle de la souffrance.

Avec

Il ne faut pas s’y perdre ! Sur scène trois générations de femmes évoluent simultanément : Bonnie, est la fille d’Anna, qui est elle-même la fille de Carole. Une trentaine de personnages gravitent autour des trois personnages principaux, alors pour se repérer, Coralie Sanvoisin à la création costume a travaillé à l’élaboration de l’identité visuelle : « les années 70 sont dans des tons marrons, beiges, caramel, les années 90 on est plus dans du bleu et du vert et les années contemporaines c’est du rouge et des gris« .

« Je sens que la violence est passée d’une génération à l’autre »

Mariage, travail, maternité, à travers des scènes de la vie quotidienne qui s’entrecroisent, le texte explore les injonctions que subit chacune des trois femmes. Pour Servane Ducorps (aperçue la saison dernière dans le Hamlet de  Christiane Jatahy au théâtre de l’Odéon) qui joue Bonnie, c’est à la jeune génération de briser le cercle de la souffrance : « Je sens que la violence est passée d’une génération à l’autre. Bonnie, mon personnage, se dit ‘essayons d’arrêter que tout ça se reproduise encore et encore' ».

Le texte, de l’autrice britannique Alice Birch est d’une extrême précision tant les répliques se suivent et s’enchaînent très vite. « On a l’impression d’être un instrument qui donne sa note et qui fait partie d’un ensemble » sourit Servane Ducorps « je retrouve des joies que je pouvais éprouver en jouant dans un orchestre« . « On partage totalement la responsabilité de ce qui a lieu au plateau, poursuit Noémie Gantier, tourbillonnante Modesta dans l’adaptation de l*’Art de la joie* par Ambre Kahan à la MC93 de Bobigny, c’est comme lorsqu’on apprend à partager son goûter quand on est enfant, au début ça fait un peu mal et après on se dit qu’il n’y a rien de mieux!« 

Considérée comme une des autrices les plus importantes de sa génération, la dramaturge anglaise Alice Birch est aussi scénariste pour des séries comme Succession ou Normal People. Au théâtre elle s’est fait connaître par Revolt. She said. Revolt again. En 2017 elle rédige le texte d’Anatomie d’un suicide, commandée par le Royal Court Theatre et reçoit le prix Susan Smith Blackburn 2018.

« On n’a jamais travaillé un texte comme celui-là »

Christophe Rauck a dû la convaincre de lui confier son texte car elle ne voulait pas qu’Anatomie d’un suicide soit mis en scène par un homme. « C’est pourtant dans le théâtre contemporain que les autrices arrivent à s’exprimer aujourd’hui,plaide le metteur en scène, c’est tellement rare de voir des pièces avec une écriture aussi forte, forcément ça m’a donné envie de le monter ».

En chef d’orchestre aguerrit, l’exigence du texte reste un défi pour le directeur des Amandiers : « on n’a jamais travaillé un texte comme celui-là, que ce soit les actrices, les équipes ou moi. »

« Anatomie d’un suicide », du 20 mars au 19 avril au théâtre des Amandiers à Nanterre.

Nanterre-Amandiers

Ajoutez
Nanterre-Amandiers

Ajoutez le site sur votre écran d'accueil pour un accès plus rapide !

Appuyez sur
Share
puis “Sur l'écran d'accueil”